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Décideur Public - Univers Numérique

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"Il faut former les décideurs publics à l’analyse de la complexité"

Publié par Décideur Public - Systèmes d'Information sur 13 Octobre 2020, 14:04pm

Catégories : #Le regard de....

Dans son dernier ouvrage collectif Covid-19 : une crise organisationnelle* Henri Bergeron, directeur de recherche au CNRS au Centre de sociologie des organisations (CSO) de Sciences Po et spécialiste des politiques de santé, met l’accent sur les dysfonctionnements organisationnels de cette crise sanitaire sans précédent. Selon lui, la crise du covid-19 a révélé la faillite d’un modèle, celui de la technocratie. Pour lutter contre ce vice technocratique, il préconise de faire de l’incertitude un élément structurant dans la formation des dirigeants. Il revient sur ces thèmes dans un long entretien accordé à la revue Horizons Publics (n°16).

 

Les critiques dans la gestion de la crise du covid-19 n’épargnent pas les institutions internationales en l’occurrence l’OMS. Quelle est votre analyse ?

Tout d’abord il faut bien avoir présent à l’esprit que, depuis fort longtemps, une activité de surveillance et d’analyse existe au niveau international, de la part d’institutions et d’enceintes scientifiques, s’agissant des maladies chroniques, présentes dans un très grand nombre de pays, et des épidémies, notamment de type « zoonotiques ». Ce qui nous arrive aujourd’hui vient d’ailleurs nous rappeler cette vérité souvent oubliée, en tout cas dans le monde occidental, que les épidémies à l’ère techno-scientifique, ne sont pas« terrassées », pour reprendre le joli titre d’un livre de Patrice Bourdelais**, comme le prouvent, par exemple, les flambées épidémiques de rougeole qui touchent un pays européen sur quatre ou la tuberculose. Ensuite une pandémie telle que le covid-19 relève évidemment de la juridiction de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais l’OMS, sauf dans de rares domaines, comme celui de la lutte contre le tabagisme, n’est pas dotée de pouvoirs contraignants vis-à-vis des États membres. Son action relève typiquement du soft power, qui se manifeste par une tentative d’influence cognitive, grâce à la publication de toutes sortes de rapports, l’institution de guides de bonnes pratiques, de méthodologies d’évaluation, d’indicateurs, etc., par lesquels l’institution bâtit sa réputation. Tous ces contenus produits par l’OMS doivent, pour être pris en compte par les États, être perçus comme crédibles.

suite de l’entretien :

https://www.horizonspublics.fr/revues

*Bergeron H., Borraz O., Castel P. et Dedieu F., Covid-19 : une crise organisationnelle, oct. 2020, Les Presses de Sciences Po.

**Bourdelais P., Les épidémies terrassées. Une histoire de pays riches, 2003, Éditions de La Martinière.

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