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Décideur Public - Univers Numérique

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Interview de Claude Molly-Mitton, Président de l’USF, le Club des Utilisateurs SAP Francophones

Publié par Décideur Public - Systèmes d'Information sur 19 Mars 2012, 11:36am

Catégories : #Trois questions à

 

Claude-Molly-Mitton.jpgQuel est le rôle de l’USF et sa position vis-à-vis de SAP ?

L’USF (Le Club des Utilisateurs SAP Francophones) est une association française de loi 1901, structurellement et financièrement totalement indépendante de l’éditeur SAP. L’USF a plus de vingt ans d’existence, et nous comptons aujourd’hui 2 700 membres représentants près de 450 entreprises et administrations. L’USF a plusieurs rôles. Nous sommes une source privilégiée pour obtenir des informations techniques ou marketing produit de SAP, un réseau convivial de partage d’expériences, de savoir-faire, de connaissances, d’informations, d’idées, un laboratoire de réflexions sur des problèmes communs et sur des grands thèmes organisationnels. Mais l’USF doit avoir un rôle d’éducation du marché sur les bonnes pratiques SAP et être une force de proposition et d’influence, vis-à-vis de SAP, notamment dans l’évolution des produits et plus globalement vis-à-vis de l’ensemble de l’écosystème SAP.

Quel type de dialogue et d’échanges entretiennent l’USF et SAP ?

L’USF anime plus de quarante commissions et groupes de travail. A travers ces communautés et les travaux qui y sont menés, nous sommes en dialogue permanent avec l’éditeur SAP, aussi bien sur des aspects opérationnels du quotidien très concret que sur des questions d’ordre plus stratégique. L’USF organise également deux grands évènements annuels dont sa Convention qui réunit plus d’un millier de personnes et à laquelle nous invitons bien évidemment SAP à largement participer, même si le cœur de cette convention faite par et pour les utilisateurs est un parcours de près de 80 ateliers de témoignages très concrets de Retours d’Expérience clients. Il est d’ailleurs intéressant de noter que notre convention est le principal voire l’unique évènement annuel de l’écosystème SAP en France et que c’est donc l’USF, en toute indépendance, qui en est l’organisateur, et non pas l‘éditeur. Ce point est remarquable et même sans doute unique et montre la maturité dans laquelle à la fois l’USF mais aussi SAP sont aujourd’hui. La Convention USF 2012 se tiendra les 3 et 4 octobre prochains à Dijon. Quant au prochain évènement de l’USF, le Printemps de l’USF, il aura lieu le 20 mars prochain à Paris. Cette « mini convention » de Printemps, aura cette année pour thème le « big data ».

Pourquoi utiliser un ERP comme SAP d’origine industrielle pour le secteur public ?

La réponse n’est pas spécifique à SAP, d’ailleurs tous les ERP ont été développés au départ pour répondre à des besoins du secteur privé et pas que SAP. Ils se sont depuis adaptés aux diverses composantes du secteur public et proposent des versions ou des modules / fonctionnalités spécifiques à ce secteur (Etats, collectivités, Défense, hôpitaux…). Cette origine industrielle de SAP n’est donc plus du tout, et ce depuis pas mal d’années un handicap, sauf à la marge sur quelques points, comme la séparation ordonnateur / comptable. Cette origine est même souvent un atout qui donne la possibilité de s’inspirer des bonnes pratiques tant du secteur public que du secteur privé, lorsqu’on implémente un outil comme SAP au sein d’une organisation publique. C’est même souvent la première raison pour laquelle on choisit ce type d’outil. Ce n’est pas un hasard s’il existe près d’une centaine de structures publiques ayant mis en œuvre l’ERP SAP rien qu’en France (et bien plus à l’international), dont beaucoup sont d’ailleurs adhérents de l’USF et de sa commission « service public ». 

Quels sont les avantages et inconvénients d’exploitation d’un tel progiciel ?

Choisir de mettre en œuvre un ERP, c’est d’abord choisir une politique « progicielle » plutôt qu’une politique de développement spécifique, qui, pour lesquels il est inutile, sur des fonctionnalités administratives de base, non différentiantes, de « réinventer la roue ». On choisit aussi un ERP pour de nombreuses autres raisons : unicité des référentiels, gestion sans rupture et automatisation des processus, circulation entre les différents acteurs via les circuits de validation, système temps réel (exemple : à la saisie, mise à jour immédiate des imputations comptables selon les règles de gestion prédéterminées et intégrées), cohérence des données, confidentialité… Mais il faut aussi bien avoir conscience qu’un projet ERP est d’abord un projet d’organisation qui doit dans ce sens être insufflé et copiloté par le métier  et par le haut management et non pas seulement par les responsables informatiques. En effet, la mise en œuvre d’un ERP nécessite une adaptation des processus et des procédures métier existants, donc ne peut pas être piloté seulement par la DSI. L’un des risques principaux d’un projet ERP est… que cela devienne un projet spécifique ! Il faut pour cela bannir à tout prix et de manière drastique tout développement spécifique / adaptation du PGI et savoir se faire entourer des bonnes compétences pour atteindre cet objectif. Après, toute la question est de déterminer le périmètre fonctionnel de l’ERP. Mettre trop peu de fonctions, de processus, c’est perdre tout l’intérêt, notamment en termes de ROI, de la mise en place d’un outil par définition intégré. Mettre trop de fonctions, même si certains ont choisi une stratégie « tout ERP » et sont heureux ainsi, c’est aussi le risque de se retrouver très dépendant d’un seul fournisseur et de ne plus avoir la souplesse nécessaire sur certains processus métiers qui peuvent apporter une valeur ajoutée concurrentielle forte.

Quel est le poids des utilisateurs français face à un géant tel que SAP ?

Il est important et se situe à deux niveaux : au niveau français sur un certain nombre de sujets comme la localisation de modules, notamment pour les sujets RH et de gestion des biens immobiliers, l’USF joue pleinement son rôle d’influenceur. Nous nous associons égalementUSF.jpg quand cela est nécessaire à d’autres associations. Par exemple, afin de prendre en compte les évolutions de l’offre de SAP, l’USF et le CIGREF (Réseau de Grandes Entreprises Françaises) ont souhaité aborder plus en profondeur la problématique des pratiques commerciales de l’éditeur, en mettant en commun et en additionnant les compétences, l’expérience, la légitimité et l’influence de chacune des deux associations. L’USF et le CIGREF ont alors choisi de fixer des objectifs ambitieux autour de l’identification des bonnes pratiques commerciales dans la gestion de la relation avec l’éditeur SAP. À cet effet, les deux associations ont mis en place, début 2010, un groupe de travail commun rassemblant des Directeurs des Systèmes d’Information, des Responsables de Centres de Compétences SAP et des Acheteurs. Les résultats des travaux ont donné lieu à un livre blanc, publié en juin 2011, qui vise à faire bénéficier les entreprises membres du CIGREF et de l’USF, d’un support de dialogue avec l’éditeur. Ce livre blanc propose également un décryptage des règles SAP et quelques bonnes pratiques centrées sur les phases d’acquisition, de contractualisation et de gestion liées aux produits SAP.

Mais beaucoup de sujets en effet ne peuvent pas être traités uniquement au niveau français. Particularité sans doute unique dans le secteur informatique, nous sommes reliés au sein d’un réseau mondial extrêmement actif, dénommé le SUGEN (SAP User Group Executive Network). Le SUGEN est une véritable structure d’influence mondiale, rendue nécessaire face à un éditeur de la taille de SAP, société par essence mondiale. Le SUGEN compte aujourd’hui 16 membres avec des représentants de pays aussi différents et distants que la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, l’Australie, l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Inde, ou bien le Japon pour ne citer que quelques exemples. Nous menons au sein du SUGEN toutes sortes de travaux et de réflexions, le plus souvent en bonne intelligence voire même en « co-influence » avec l’éditeur lui-même. Je peux donc affirmer sans hésiter, que l’USF, tant au niveau français que de par sa présence active au sein du SUGEN au niveau mondial, « pèse » réellement, au sens positif et non agressif du terme, sur l’éditeur SAP et joue donc pleinement son rôle.

 

Pascal Caillerez

 

 

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