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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 12:52

Réactivité face à une commande, flexibilité dans l'organisation de la production, identification des coûts de production : dans ces trois composantes de l'activité d'une entreprise industrielle, le facteur temps est devenu crucial. Au lieu de compter en jour ou en mois, la mesure du temps se fait désormais en heure et en jour. Les outils numériques permettent de faire face à cette accélération des rythmes de production, de reporting et de contrôles. Laurent Luce, Responsable Marketing Produits & Alliances au sein de la division PME de Sage fait le point.

Institut Sage : Le secteur de l'industrie manufacturière ne semble pas faire la course en tête dans l'utilisation des technologies numériques. Il doit pourtant faire face à de nombreux défis tant économiques qu'environnementaux et pourrait s'appuyer sur ces technologies pour y répondre. Comment expliquez-vous cette relative frilosité ?

Laurent Luce : Les industries qui opèrent essentiellement dans l'univers business-to-business sont un secteur à part dans l'ère numérique. La nature de leurs activités les a, pour le moment, rendues moins sensibles au développement des réseaux sociaux et de la mobilité que d'autres secteurs tels la haute technologie, la banque, les télécoms, le tourisme, et la grande distribution, où les acteurs traditionnels sont fortement concurrencés par de nouveaux entrants qui ont pour ADN le e-commerce. La nécessité de réagir très vite a dictée la mise en place de nouveaux services en ligne, d'intégration des réseaux sociaux dans la relation client ou d'accès à des services depuis un smartphone. Des transformations profondes qui ont abouti à un degré plus ou moins élevé de maturité numérique dans ces secteurs mais qui, en moyenne, dépasse d'assez loin celui observé dans l'industrie.

I.S. : Une telle différence n'est-elle pas préjudiciable à l'industrie ? N'est-il pas temps de s'engager plus massivement dans le numérique ?

L.L. : Selon la dernière étude mondiale du MIT Center for Digital Business et de Capgemini Consulting consacrée à l’usage, par les entreprises appartenant à dix secteurs différents, des technologies comme les média sociaux, le mobile, l’analyse des données et les objets connectés,« très peu d’entreprises ont encore accompli une véritable transformation numérique ». En fait l'industrie a commencé à engager son virage vers le numérique et, notamment vers la mobilité, mais dans son propre espace-temps (en interne). Deux raisons explique cette évolution : la modification profonde des rythmes de production et la crise économique de 2008.

I.S. : Comment se traduit, dans la réalité opérationnelle quotidienne, ce virage vers le numérique ?

L.L. : Par un bouleversement de la gestion et de l'organisation des ateliers. Les évolutions de la société ont conduit à un changement radical des comportements des consommateurs : c'est désormais le règne du « moi, tout, tout de suite ». Ce comportement engendre une modification de l’exigence des donneurs d’ordre vers leurs sous-traitants industriels. Pour satisfaire ces exigences, les rythmes de production dans les ateliers se sont accélérés. Aujourd'hui un des éléments différenciant entre les PMI, c'est la réactivité face à une commande. Désormais la mesure du temps entre le donneur d'ordre et son sous-traitant pour savoir si le timing de production est respecté n'est plus la journée mais l'heure. Le chef d'atelier devant son PC et, de plus en plus souvent sa tablette – et non son smartphone, peu adapté aux contraintes du milieu industriel – scrute trois éléments en temps réel : le stock de matière première, l'évolution de la production et les coûts, pour savoir si l'objectif de marge fixé sera respecté. Il dialogue, via un workflow, avec ses opérateurs qui lui indiquent quelle tâche est en train d’être d'exécuté, déclarent le produit fini ou signalent un problème  sur un produit parce que les matières premières utilisées ne sont pas de bonne qualité. Avec de telles contraintes de temps, les hommes doivent rester numériquement connectés les uns aux autres en permanence même si l'espace dans lequel ils évoluent est un atelier. Rappelons tout de même que, dans certaines industries lourdes les ateliers peuvent mesurer un kilomètre de long ! On y parle donc bien de mobilité même si c'est à une échelle plus réduite.

I.S. : Quel sens revêt la mobilité dans l'industrie ?

L.L. : Plus encore que la mobilité des individus, c'est surtout sur la « mobilité des données »,  autrement dit l'efficacité des processus opérationnels et la circulation fluide des informations entre production, vente et comptabilité, que l'industrie est en train – et se doit – de faire porter ses efforts (seules 15% environ des PMI françaises sont équipées d'un logiciel de gestion de production). Le dialogue permanent entre les fonctions de production et de vente permettra à l'entreprise d'être au plus près des exigences des donneurs d'ordre et non l'inverse. Si un client passe une commande et veut être livré dans les plus brefs délais, le dialogue avec l'atelier permettra au responsable de production de faire glisser sur sa tablette un ordre de fabrication moins urgent pour le remplacer par la nouvelle commande et satisfaire ainsi le client.

Un dialogue similaire doit s'installer avec la comptabilité analytique. Il n'est pas très loin le temps où un grand nombre d'entreprises industrielles ne surveillaient pas vraiment les coûts de production. Depuis la crise économique de 2008, à laquelle s'est ajoutée la montée en puissance de la concurrence internationale, une telle attitude est susceptible de mettre en péril une entreprise. A côté de la réactivité, l'identification des coûts de production est désormais l'autre élément différenciant entre les PMI.

Des avantages concurrentiels qui passent par la mise en place d'outils numériques performants et adaptés aux contraintes des différents domaines de l'industrie.

 

Institut Sage

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Published by Décideur Public - Systèmes d'Information - dans Trois questions à
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