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Décideur Public - Univers Numérique

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Le secteur public reste le premier marché mondial d'IBM selon Silvano Sansoni

Publié par Décideur Public - Systèmes d'Information sur 10 Mai 2011, 08:40am

Catégories : #Actualité

Silvano Sansoni est directeur du secteur public chez IBM depuis l’été 2010. Partenariats, plateformes centralisées de gestion ou de maintenance, aide à la prise de décision, Big Blue fait le point sur ses actions auprès des organisations et institutions publiques.

 

Quels sont vos objectifs concernant le secteur public ?

 

Silvano Sansoni IBMAu niveau mondial, le secteur public représente le principal secteur d’action pour IBM. Nous cherchons à moderniser l’administration pour imposer notre conviction : il faut utiliser les systèmes d’information comme ressource à part entière du développement des organisations et non comme un simple outil technique. Pour cette raison, la société accorde une place majeure aux partenariats réalisés avec des compagnies telles qu’Axa, BNP-Paribas, Carrefour sous forme de co-entreprise pour assurer un partage optimal des risques dans le cadre du déploiement des trois axes d’action de notre politique de développement.

 

En quoi consistent les partenariats IBM ?

 

Les technologies employées aujourd’hui posent un problème d’obsolescence rapide à ne pas négliger. Lorsqu’une entreprise réalise un appel d’offre, il peut se passer une année entière avant la signature du contrat. De ce fait, le matériel prévu dans l’appel d’offre est déjà obsolète. IBM permet aux entreprises du secteur public de s’équiper plus facilement et assure grâce à ces partenariats l’utilisation optimale des technologies les mieux adaptées aux besoins. Par exemple, en Angleterre, nous avons mis en place le partenariat South West One (SW1) qui permet à l’ensemble des collectivités anglaises de bénéficier chaque année d’une économie de 100 millions de livres. Autre approche des partenariats IBM, avec Siemens, nous gérons l’ensemble des processus qui ne sont pas liés directement aux métiers de l’armée allemande, comme l’administratif entre autres.

 

Quelle est votre approche de l’administration électronique ?

 

Instaurer une nouvelle administration électronique devrait permettre aux institutions de réorganiser leur mode de fonctionnement. IBM consacre six milliards de dollars chaque année en recherche et développement. Nous avons cherché à développer un ensemble de services numériques au Canada. La configuration géographique de ce pays rend compliquées les démarches administratives. Avant, les gens devaient parfois se déplacer sur de longues distances pour une simple carte d’identité. Avec un réseau multicanaux, les démarches sont facilitées sans nuire à la notion de proximité avec les administrations. Les réseaux sociaux y sont pour beaucoup. Sur Facebook, les Canadiens peuvent se renseigner directement auprès des services administratifs et il est même possible d’y faire sa demande de carte d’identité. Nous avons aussi mis en place une plateforme nationale en Belgique qui constitue un référentiel auprès de la sécurité sociale.

 

Pouvez-vous détailler votre action avec la sécurité sociale en Belgique ?

 

Nous avons créé une plateforme d’échange qu’on peut qualifier de banque de donnée. Les allocataires y communiquent l’ensemble de leurs données et sont assurés du respect de la confidentialité grâce au contrôle de la CNIL. Les données mutualisées sont accessibles aux institutions compétentes et il n’est pas nécessaire, comme en France, de fournir des documents à longueur d’année. Les contribuables sont indemnisés plus rapidement et la lutte contre la fraude est facilitée. Une estimation fait état d’une diminution des coûts dus à la fraude de 1,7 milliard d’euros.

 

Quelle serait l’efficacité d’un tel outil en France ?

 

On estime une économie de l’ordre de plusieurs milliards d’euros. Mais appliquer l’outil nécessite une forte modification du mode de gouvernance français, il faudra du temps pour mettre en place une plateforme similaire.

 

Comment les solutions IBM concourent-elles à faciliter la prise de décision ?

 

IBM concentre son action sur l’analyse des données. Le groupe effectue depuis cinq ans des rachats stratégiques d’entreprises spécialisées dans l’intelligence business. Pour l’instant, une vingtaine de compagnies ont été intégrées à IBM et cette stratégie va probablement s’étendre sur les quinze ans à venir. Par exemple, Ilog, une entreprise de recherche, est notamment employée pour la gestion de l’intégralité du réseau ferroviaire de la SNCF. Mais Ilog a également développé un algorithme pour accélérer les procédures de contrôle anti-fraude. Baptisé SPSS, son principe est de réaliser des analyses prédictives. Dans le cas de l’assurance maladie en France, il fallait auparavant 119 heures de travail pour détecter une centaine d’euros de fraude. Désormais, à la  CRAMIF, le même montant est mis en évidence en 22 minutes. L’analyse prédictive est également utilisée dans un domaine totalement distinct : la santé. Au centre médical universitaire de Colombia aux Etats-Unis, SPSS recueille une série d’indicateurs vitaux et est capable de prévoir les AVC ou les ischémies cérébrales. Les statistiques sont étudiées par la solution pour fournir un diagnostic préétabli au personnel soignant. D’autres programmes, fondés sur les projets et les besoins des clients sont à l’étude, comme par exemple un système de calcul intensif utilisable en chirurgie complexe ou auprès des douanes pour déterminer quels flux de marchandises sont à surveiller davantage. Toutes solutions représentent des chiffres d’affaire de plusieurs millions d’euros et sont donc extrêmement importantes pour nous.

 

Et pour la France, où en êtes-vous ?

 

IBM, qui célèbre cette année ses cent ans, souhaite privilégier le domaine des ressources humaines sur le territoire français. En cherchant de solutions pour aider l’administration à restructurer ses effectifs, nous participons à une meilleure allocation des coûts de gestion. Par exemple, les opérations simples de demande de congés ou de remboursement des notes de frais pourraient être simplifiées. L’économie serait respectivement de l’ordre de 300 millions et 200 millions d’euros chaque année. En revanche, nous ne travaillons pas encore sur la centralisation des données, mais c’est un objectif qui reste très présent au sein de la compagnie.

 

Propos recueillis par Julie Guesdon


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