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Décideur Public - Univers Numérique

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Sites Internet actifs : la France en 9e position européenne avec un carton rouge aux mairies

Publié par Décideur Public - Systèmes d'Information sur 15 Novembre 2011, 14:39pm

Catégories : #Actualité

Selon une étude d’Email-Brokers, spécialisé dans le marketing interactif, 73% des sites Internet français n’ont pas été mis à jour depuis plus d’un an et 23% sont illégaux dont 71% dans les services publics. La société affirme avoir constitué un cliché du tissu économique que représente l’Internet français sans l’aide des sources traditionnelles que fournit l’Etat français (INSEE, AFNIC, registre de commerce, CNIL, etc.). En outre, ces données officielles sont souvent parcellaires et/ou incorrectes, faute de suivi de la part de l’administration et des entreprises qui les commercialisent. 

 

Selon l’analyse d’Email-Brokers, la France compte plus de 2,6 millions de sites Internet, dont presque 2,2 millions ont une finalité professionnelle. Ces derniers arrivent loin devant les sites du service public (plus de 149 000) ou du secteur non-marchand (près de 70 000). Les sites vitrines représentent par ailleurs 71% de l’ensemble des sites français, contre 29% pour les sites dynamiques. Les blogs et forums ne représentent, quant à eux, que 4% de l’Internet en France. En outre, 57% des sites comptent moins de 50 pages, tandis que ceux à gros volume de contenu (plus de 500 pages) représentent à peine 4% du Net français.


L’enquête révèle également que les sites français sont, dans leur immense majorité, faiblement actualisés : 73% d’entre eux ont été mis à jour pour la dernière fois il y a plus d’un an. Pire encore, seuls 9% d’entre eux ont été actualisés durant les trois derniers mois. Une des conclusions les plus inattendues de cette analyse est que plus de 71% des sites web des services publics français sont illégaux au regard de la loi. En effet, pour des raisons de transparence, les sites sont obligés de communiquer un minimum d’informations.


La loi n°2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN) précise que toute entreprise française qui possède un site Internet doit y faire figurer :

  • Sa dénomination ou sa raison sociale et son siège social
  • Son numéro de téléphone
  • S'il s'agit d'une entreprise assujettie aux formalités d'inscription au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers, le numéro de son inscription, son capital et l'adresse de son siège social
  • Le nom du directeur ou du codirecteur de la publication et, le cas échéant, celui du responsable de la rédaction au sens de l'article 93-2 de la loi n° 82-652 du 29 juillet 1982
  • Le nom, la dénomination ou la raison sociale et l'adresse ainsi que le numéro de téléphone du prestataire hébergeant le site en question.

 

En plus de ces obligations légales, il ne faut pas oublier que tout site Internet français doit faire l'objet d'une déclaration auprès de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés), conformément à la loi n°2004-801 du 6 août 2004 relative à la protection des personnes physiques à l'égard des traitements de données à caractère personnel.

 

William-Vande-Wiele.jpg« Le fait que seulement 29% des sites de services publics se conforment à cette obligation légale circonstanciée est très frappant, surtout si l’on remarque que ce sont les mairies, l’organe de pouvoir le plus proche du citoyen, qui sont les plus mauvais élèves », explique William Vande Wiele, fondateur d’Email-Brokers. « Ce sont ainsi les sociétés de services, les industries, banques et assurances qui relèvent le niveau puisque, dans l’ensemble, 73% des entreprises françaises respectent la réglementation ».

 

Certaines régions de France sont plus fertiles que d’autres en termes de création de sites web. Les sites sont localisés principalement à Paris et en Ile de France (17%), Lyon arrive en seconde position avec 9%, et Lille (5%) en troisième. Marseille et Bordeaux sont à égalité avec seulement 4% alors que Strasbourg abrite 3% des sites de l’hexagone.

 

« Ces chiffres montrent que les régions évoluent normalement sur le web suivant leur démographie mais également que de nombreuses entreprises et organisations n’ont pas encore réalisé l’importance d’Internet », souligne William Vande Wiele. « Pour beaucoup, un site web est au mieux un mal nécessaire qui sert uniquement de carte de visite, au pire un gadget superflu. En outre, il est regrettable que les pouvoirs politiques ne perçoivent pas encore l’Internet comme un partenaire économique à part entière. On peut s’inquiéter de l’impact de cette carence sur le développement de la France, qui ne se classe ainsi, en termes de présence sur Internet, qu’en 9ème position sur le plan européen et ce, après l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume-Uni, l’Italie, la Finlande et l’Irlande. S’il ne trouve pas chez nous ce qu’il cherche, le surfeur ira en effet voir sur les sites de concurrents étrangers. »

 

La méthodologie

 

Pour établir ces statistiques, Email-Brokers a utilisé une méthodologie. « Depuis 2009, nous avons recensé l’ensemble des sites professionnels français en les collectant via différents canaux : noms des entreprises et codes postaux, extensions officielles (.fr, .com, .net…), villes et villages de France, professions, numéros de téléphone, requêtes automatisées sur les moteurs de recherche », explique William Vande Wiele. « Cette immense collecte nous a apporté deux trillions de Gigabytes de données brutes ».

 

Email-Brokers a ensuite nettoyé cette base en validant individuellement chaque adresse Internet, puis en analysant le contenu de chaque site (structure, dernière date de mise à jour, nombre de pages…) via un logiciel spécialisé. Deux sociétés, basées respectivement en Inde et au Maroc, ont ensuite récolté manuellement des informations sur les sites répertoriés (nom de l’entreprise, adresse, numéros de téléphone et de SIRET…). Enfin, une société de télémarketing a qualifié et certifié les données récoltées.

 

« Après deux ans et quelques 450 000 heures de travail, nous sommes en mesure de dévoiler le premier état des lieux réel et exhaustif des sites Internet à vocation professionnelle en France », affirme William Vande Wiele.

 

Philippe Guichardaz


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