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Décideur Public - Univers Numérique

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« La génération reset est indignée et sidérée par la vitesse des transformations. »

Publié par Décideur Public - Univers numérique sur 1 Juillet 2026, 17:28pm

Catégories : #Ouvrages

« La génération reset est indignée et sidérée par la vitesse des transformations. »

Monique Dagnaud, sociologue, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), est spécialiste de la jeunesse et du monde numérique. Son dernier ouvrage, Génération reset, Ils veulent tout changer, fruit de plusieurs enquêtes menées en partenariat avec France Culture et Arte, ainsi qu’avec l’organisation non gouvernementale (ONG) Ashoka, dresse le portrait des trentenaires d’aujourd’hui, les fameux millennials ou génération Y, nés entre 1981 et 1996. Elle s’intéresse particulièrement aux plus diplômés.

Nés avec le numérique et formés dans un environnement hautement connecté, les millennials affichent un niveau d’éducation inédit.

Cette génération, aujourd’hui trentenaire, porte un projet de transformation profond de la société. Au cœur de leurs revendications : la critique du capitalisme libéral, la remise en question des structures patriarcales, la défense d’une sexualité dite « fluide » et la promotion d’un rapport renouvelé au vivant.

Dans ce grand entretien, Monique Dagnaud explore la vulnérabilité psychique mais aussi l’incroyable énergie mobilisatrice de ces jeunes élites qui, face aux crises successives, n’ont d’autre choix que de vouloir tout réinitialiser.

N’oublions pas, rappelle Monique Dagnaud, que c’est la génération reset qui va devoir gérer nombre de problèmes auxquels ils n’étaient pas préparés tels que la crise climatique.

Elle souligne aussi que ces jeunes cadres en quête d’utilité sociale peuvent être tentés par la fonction publique territoriale, qui répond à un besoin d’engagement de proximité et qui bénéficie encore d’une image positive et d’une confiance solide auprès de la jeunesse.


Votre ouvrage Génération reset dresse le portrait des trentenaires très diplômés (Bac+5). Pour quelles raisons avez-vous ciblé cette population ?

 

En fait, c’est France Culture, associée avec Arte, qui est venue me voir pour me proposer de donner un cadre scientifique à deux enquêtes de grande envergure dénommées « Et maintenant », touchant toutes les générations, mais avec pour objectif de comparer la jeunesse aux autres générations. Ce travail, dont je ne pouvais pas à l’époque – nous étions à la fin de la période covid-19 – mesurer toutes les dimensions, s’est révélé très particulier.

Tout d’abord, ces enquêtes, si elles sont d’envergure puisque plus de 100 000 personnes y ont répondu, ne sont pas représentatives ; ce que j’ai tenu à souligner dès le départ à mon interlocuteur, parce il n’y a pas eu, comme pour la plupart des enquêtes par instituts de sondages, de constitution d’un panel représentatif, mais appel à des réponses par le biais d’un site dédié créé par ces deux médias publics, ce qui pose un biais.

Ensuite, le contexte de travail m’a amené à prendre une position plutôt d’observatrice : lorsque j’ai vu comment l’enquête s’organisait, les thèmes que les équipes internes avaient préparés, j’ai pensé que je n’allais pas imposer ma façon de travailler et j’ai préféré laisser la bride sur le cou aux 15-20 personnes très diplômées en face de moi, la plupart vingtenaires et trentenaires, et les laisser parler et formuler les préoccupations et interrogations qui correspondent à leur génération.

J’ai d’ailleurs souvent été très surprise par les questions et souvent aussi par les réponses. Par exemple, à la question que j’avais suggérée sur le métier dont on aura le plus besoin dans le futur : c’est l’agriculteur qui est arrivé en premier et l’ingénieur n’est arrivé qu’en quatrième position après les soignants et les professeurs ! Je ne m’attendais pas du tout à ce genre de hiérarchie chez des Bac+5.

Ainsi, les diplômés ne se tournent pas en premier lieu vers les scientifiques et les technologues pour endiguer la crise climatique ! J’ai ainsi pu disposer d’un matériel unique, abondant et riche de diversité pour écrire Génération reset en retenant la variable à laquelle je tiens particulièrement, celle du diplôme.

Il existe pourtant bien d’autres critères pour étudier la société et ses différentes composantes d’individus. Pourquoi se focaliser sur le diplôme ?

...

Pour lire la suite dans le Grand Entretien : « La génération reset est indignée et sidérée par la vitesse des transformations. » Horizons publics n°50, p.20, https://www.horizonspublics.fr/

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