Élue d’opposition à Albi, Nathalie Ferrand-Lefranc raconte comment la formation a été, pour elle, bien plus qu’un simple outil : une condition de survie politique dans un environnement où rien n’est facilité à la minorité.
Quel a été l’élément déclencheur qui vous a donné envie de suivre une formation ?
J’ai ressenti, à la fois, une envie et une nécessité de me former peu après mon élection en 2020. Auparavant, chirurgienne-dentiste en libéral pendant trente ans, je n’avais aucune connaissance particulière en finances publiques, par exemple ; ce qui s’est vite avéré problé- matique pour décrypter le budget communal. Mais cela vaut, également, pour l’ensemble des sujets techniques. Or, contrairement aux élus de la majorité, les élus d’opposition ne disposent d’aucun service de la ville, qui compte 750 agents municipaux, sur lesquels s’appuyer pour pallier ce défaut de connaissances techniques. Il est donc indispensable de se former et de se constituer une sorte de shadow cabinet avec des personnes ressources issues de l’entourage, du monde associatif et des réseaux d’élus telle qu’Actions communes1. Je souligne, également, que les relations avec la majorité ne sont pas toujours évidentes : il a, par exemple, été nécessaire d’aller jusqu’au tribunal administratif afin d’obtenir des documents publics !
Dans un tel contexte local, j’ai vite compris que rien ne nous serait facilité. Or, malgré ces obstacles, les élus minoritaires sont titulaires d’un mandat et dépositaires de la confiance de celles et ceux qui les ont élus. J’ai donc suivi, dès les premiers mois de mon mandat, plusieurs formations spécifiques, à commencer par celle sur le droit des élus d’opposition, puis sur le budget de la commune, la sobriété énergétique, la résilience alimentaire, l’article 40 et enfin sur la commande publique. Toutefois, ces formations, certes intéressantes, ne délivraient pas une vue d’ensemble. Raison pour laquelle, lorsqu’un ancien directeur général des services (DGS) de ma connaissance m’a parlé de la formation « Dynamiques territoriales et gouvernance publique : réussir son mandat d’élu local » de Sciences Po Paris2, j’ai souhaité m’y inscrire car elle offre une vision globale de ce qu’est une collectivité, tant la commune que l’agglomération ; ce qui me convenait d’autant mieux que je suis élue au sein de ces deux niveaux.
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Pour lire la suite dans le dossier "D'un mandat municipal à l'autre : se préparer au changement", p.59 : https://www.horizonspublics.fr/
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1. Réseau qui regroupe des listes et des communes participatives.
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