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Décideur Public - Univers Numérique

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Selon une étude d’Accenture, la France progresse dans les technologies de santé

Publié par Décideur Public - Systèmes d'Information sur 24 Mai 2012, 09:12am

Catégories : #Etudes & enquêtes

Accenture définit la santé connectée via l'utilisation systématique de solutions informatiques de santé pour faciliter l'accès et le partage des informations, et pour permettre l'analyse ultérieure des données de santé sur l'ensemble des systèmes. D’après un travail de recherche mené par le cabinet dans le domaine de la santé connectée, le développement des systèmes d’information de santé commence à progresser en France, à la fois pour les soins généralisés et spécialisés. Il ressort également de cette étude réalisée dans huit pays (Allemagne, Angleterre, Australie, Canada, Espagne, Etats-Unis, France et Singapour) que la France progresse en matière d’échange d’information de santé, en particulier entre hôpitaux universitaires et dans le traitement des pathologies chroniques.

 

Cette étude vise à identifier la maturité de différents systèmes de santé dans une perspective d’utilisation de plus en plus systématique de solutions informatiques adaptées. Les conclusions apportées par l’étude sont le fruit de travaux de recherche basés notamment sur des entretiens qualitatifs (plus de 160) avec des représentants du secteur de la santé, parmi lesquels des représentants des pouvoirs publics, des cliniciens, des spécialistes de la santé numérique, des universitaires, etc.  Ils se basent également sur une enquête menée auprès de 3 700 médecins dans les huit pays concernés et dont les résultats ont été publiés en début d’année. Il ressortait de cette première enquête qu’il existe un consensus chez les médecins autour des avantages liés à l’utilisation des nouvelles technologies dans le domaine de la santé même si les défis pour construire un environnement numérique de santé connectée à l’échelle mondiale sont encore nombreux.

 

Ces travaux intitulés « Une santé connectée : la voie idéale vers une intégration des soins de santé » utilisent un indice de maturité de la santé connectée mis au point par Accenture, qui compare les progrès relatifs des différents pays en matière d’adoption des systèmes informatiques de santé et de recours à l'échange des informations de santé (EIS) entre les cliniciens et les établissements.

 

Cet indice est calculé à partir de l’usage par les médecins de quatre fonctionnalités informatiques clés (outils administratifs, saisie électronique des notes sur les patients, alertes/rappels électroniques et systèmes informatisés d’aide à la décision) et de sept fonctionnalités d’administration et d’échange des informations de santé en liaison avec d’autres acteurs (communication électronique, notifications en ligne, orientation vers un confrère par voie électronique, accès en ligne aux données cliniques concernant les patients examinés par un établissement différent, ordonnance électronique, réception de résultats cliniques et demandes d'examens par voie électronique).

 

L’étude fait ressortir des différences dans l’utilisation de l’informatique appliquée à tous les types de soins. Dans le domaine des soins généralistes, par exemple, l’Espagne affiche le degré le plus élevé de « maturité » de la santé connectée. En effet, d’après l’étude, 58% des médecins espagnols utilisent habituellement des fonctions informatiques de santé, et 52% pratiquent régulièrement l’échange d’informations. Bien que l'indice de maturité de l’utilisation des systèmes informatiques dans les soins généralistes soit plus élevé en Angleterre (63%) et en Australie (62%), le recours à l'échange d'informations par les médecins généralistes est nettement moins fréquent.

 

Concernant les soins spécialisés, les systèmes d’information de santé ou l'échange d'informations sur les patients se situent généralement à un stade moins avancé que chez les praticiens de soins généralistes, à quelques exceptions près, notamment à Singapour. L’étude montre toutefois que les spécialistes américains et allemands utilisent tout autant les systèmes informatiques que leurs confrères généralistes. C’est au Canada et en Australie que la prévalence de l’échange électronique d’informations serait la plus faible.

 

L’étude montre que la France a fait des progrès significatifs en matière d’adoption des systèmes d’information de santé et de communication des informations, en particulier dans les soins généralistes.

  • Environ 86% des médecins généralistes français saisissent informatiquement leurs notes sur les patients, pendant ou après la consultation, contre 71% environ pour les autres pays étudiés.
  • L’étude montre également que 57% des praticiens, aussi bien dans les soins généralistes que spécialistes, recourent aux outils électroniques pour alléger la charge administrative, ce qui dépasse légèrement la moyenne de 53% pour l’ensemble des huit pays. 
  • 29% des médecins généralistes et 35% de spécialistes communiquent par voie électronique avec leurs confrères d’autres établissements ou cabinets, alors que respectivement 44% et 43% le font en Espagne et 12% et 36% en Allemagne.
  • Environ 10% des médecins reçoivent une notification électronique des interactions de leurs patients avec d’autres organisations de santé, soit un peu en deçà de la moyenne des pays étudiés qui se situe à 18%. 

 

D’après l’étude d’Accenture, l’échange d’information de santé prend forme en France, en particulier entre hôpitaux universitaires et dans le traitement des pathologies chroniques.

  • Environ 60% des médecins généralistes français reçoivent par voie électronique les résultats destinés à alimenter le dossier médical électronique de leurs patients, ce qui dépasse la moyenne de 56% enregistrée par l’étude.
  • Environ 20% des médecins généralistes et spécialistes envoient par voie électronique des lettres de recommandation à d'autres établissements ou cabinets, soit un tout petit peu moins que la moyenne de 24% sur les huit pays. 
  • Seulement 12% des médecins généralistes et 21% des spécialistes ont envoyé par voie électronique des demandes d’analyses à des laboratoires, contre 32% pour l’ensemble de l’étude.
  • Quelque 17% des spécialistes envoient leurs ordonnances aux pharmacies par voie électronique, ce qui correspond à la moyenne des huit pays étudiés.

                              

Afin d’évaluer les progrès réalisés par les huit pays étudiés, Accenture a établi une cartographie des innovations et des efforts de chacun en fonction de six axes clés de réussite d'une santé connectée : vision et pilotage, stratégie et gestion du changement, fiabilité de l’infrastructure technologique, approche coordonnée de l’évolution, gestion des changements cliniques et intégration des processus. 



 

D’après l’analyse d’Accenture, l’Espagne distance les autres pays grâce à ses solides infrastructures technologiques et son approche d’évolution coordonnée. Singapour est le mieux classé en termes de vision et de pilotage, tandis que l’Angleterre et l'Australie le sont en matière de soins et gestion du changement.

 

Méthodologie

Fin 2011, Accenture a étudié les caractéristiques distinctives des systèmes informatiques de santé dans huit pays : Allemagne, Angleterre, Australie, Canada, Espagne, Etats-Unis, France, et Singapour. Ce travail de recherche a impliqué l'étude d’articles et d’analyses de chercheurs publiés sur le sujet, ainsi que plus de 160 entretiens menés avec des représentants du secteur de la santé, parmi lesquels des représentants des pouvoirs publics, des cliniciens, des spécialistes de la santé numérique, des universitaires. Accenture a également mené une enquête en ligne auprès de 3 727 médecins des huit pays concernés (près de 500 pour chacun des pays sauf Singapour, où environ 200 médecins ont été interrogés), d’où ont été tirées des données comparatives sur l’utilisation par les praticiens des différentes fonctionnalités de la santé connectée. L’enquête a également recueilli des renseignements sur les avantages perçus des systèmes informatiques de santé sous plusieurs angles - qualité, accès et coût -, et s’est intéressée à l’avis des médecins quant aux obstacles et aux incitations à l’adoption et l’utilisation de ces outils.  Enfin, Accenture a procédé à des recherches approfondies, rencontré des chercheurs et des experts du sujet afin de dresser une liste des systèmes et établissements de santé généralement reconnus comme pionniers en matière de santé connectée. À partir de ces données, ont été élaborées dix études de cas sur les systèmes de soins représentatifs des bonnes pratiques à adopter.  

 

Pascal Caillerez


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